Recobrada Cazères, Résidence Lena Durr

Publié le 05/02/2021

Résidence du 1er au 28 février à la ressourcerie Récobrada
Lena Durr passera 1 mois à Récobrada accompagnée des personnes qui y travaillent, des bénévoles et des usagers. Au terme de sa résidence, l’exposition « Collection » répartie dans 4 lieux du territoire réunira ses propositions, des artistes invités et des collections privées locales.

 

“La collection fait partie de moi. Enfant, je ne jetais aucun des objets que je possédais ou trouvais. Je suis très attachée à leur présence et à ce qu’ils me renvoient, j’aime les avoir sous les yeux. Il y a dans la démarche de collectionner l’idée de garder pour soi une partie du monde, de faire l’inventaire d’un fragment d’univers en vue d’une appropriation. Retenir dans le présent pour le futur, les éléments d’une période passée. Les objets que je collectionne sont liés de près aux personnes auxquelles ils ont appartenu (croyance, adoration, enfance, passe-temps, passion, vie…), ce qui leur procure une présence et une force particulière. J’attache une grande importance à l’origine de ces objets, à leur vie antérieure, à leur histoire. Je ne suis pas en quête de l’objet le plus unique que je pourrais trouver mais plutôt à la recherche d’une certaine quantité plus proche de l’abondance que de l’exclusivité. Collectionner est une façon d’accumuler, de rassembler et d’organiser avec passion.

 

Les œuvres que je propose trouvent leur origine dans ma collection d’objets émanant de la culture populaire, qui témoigne non seulement de la dérive vers une société de consommation qu’elle subit depuis la deuxième guerre mondiale mais aussi de sa résistance. Je rends compte de celle-ci dans une série de livres d’artiste qui montrent, de façon ordonnée et exhaustive, les différents objets qui la constituent. C’est dans ces collections que je puise l’essentiel des éléments qui contextualisent mes installations et mes mises en scène photographiques. Si l’on pourrait croire un instant à du reportage, on se rend vite compte que tout est factice. Ce sont des mises en scène où tout est pesé : les modèles et les lieux, qui ont fait l’objet de castings et de repérages, ainsi que les objets qui les entourent et qui les peuplent. Ancré dans cette tension entre culture populaire et culture savante, entre cité et campagne, entre l’adolescence et l’âge adulte, c’est un travail qui se place en lisière ; à la fois dans cet espace liminal des villes mais aussi en marge des cadres normatifs de la société actuelle.”

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